Ce qui me dénombre

Publié le par Lionel Droitecour

Vincent Van Gogh (1853-1890), Autoportrait au chapeau, hiver 1887 (détail)

Vincent Van Gogh (1853-1890), Autoportrait au chapeau, hiver 1887 (détail)

1.
Tu m’as appelé à la vie,
Jadis, en prononçant mon nom,
L’amour ainsi ouvre une porte,
Une raison ivre en l’espace.

Où vais-je et pourquoi cette trace,
Sinon ce que ton regard porte,
Ce miroir à mon cœur, sinon,
Qu’est-ce en ce jour qui me convie ?

Tu me lie et tu me libère,
Tu me parle et tu est ma cause,
En toi, mon intime lisière.

Altérité qui me construit,
Qui me provoque et me propose,
Fait naître le songe où je bruit.

2.
Si tu me ferme ton visage
Comment saurais-je qui je suis,
Pourquoi j’existe en mon contour,
Si ta main ne cherche la mienne.

Et si dans l’onde quotidienne
Je lance un appel sans retour,
Sans cet écho qui me poursuit
Comment saurais-je mon image ?

Ma vie espère un écheveau,
Arbrisseau, j’ai besoin de l’ombre
Où ta présence est mon berceau.

Demain, peut-être, de ce songe
Je saurai ce qui me dénombre,
Le désir en toi qui me ronge.

février 2015

Publié dans Résilience

Commenter cet article