Débile Atlas

Publié le par Lionel Droitecour

... Tel un débile Atlas juché aux firmaments, je brûlais une étoile au bout d’un vil flambeau ...

... Tel un débile Atlas juché aux firmaments, je brûlais une étoile au bout d’un vil flambeau ...

Au modeste ciboire où s’étanchais ma source
Je soutirais, jadis, du vin comme de l’eau,
Versant jusqu’à plus soif le jus de mes sarments
Pour désaltérer tant de gueux aux cœurs ingrats.

De ce fût mis en perce au mitan de mes bras,
Tel un débile Atlas juché aux firmaments,
Je brûlais une étoile au bout d’un vil flambeau
Dont je gaspillais l’éclat dans ma vaine course.

De ce temps qui fut mien, semé comme bon grain
Dans la mauvaise ivraie honnie par les moissons,
Rien n’a germé, céans, parmi mes liserons.

De cette vie précieuse, hélas, je n’ai rien fait
Que me flouer sans art, amer et sans entrain,
Orphelin d’un futur entre mes doigts défait.

mars 2010

Publié dans Le temps

Commenter cet article