Diesels

Publié le par Lionel Droitecour

... Adieu bel air léger empesté de diesels, adieu ma rêverie : les moteurs sont des fous ...

... Adieu bel air léger empesté de diesels, adieu ma rêverie : les moteurs sont des fous ...

J’étais assis, peinard, à lutiner la muse,
Sur le quai de la gare espérant un wagon ;
Griffonnant une page, œil vague et l’esprit libre,
Et le cœur à l’encan de la douceur de vivre.

Ce n’était pas le jour à ébaucher mon livre,
Hélas, voici soudain que tout bruit, que tout vibre,
Sur le quai devant moi bouchant mon horizon
Une machine vient, ronflant telle une intruse.

Adieu la liberté de mon âme diffuse,
Adieu bel air léger empesté de diesels,
Adieu ma rêverie : les moteurs sont des fous.

Et le monde obstiné qui passe et qui s’en fout !
Poète, pauvre sot, on te rogne les ailes,
Où ton silence meurt nulle rime n’infuse !

juin 2012

Publié dans Art poétique

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