Impossible étendard

Publié le par Lionel Droitecour

je traîne ma parole ... vers la mort inconnue, impossible étendard dressé, telle une idole ...

je traîne ma parole ... vers la mort inconnue, impossible étendard dressé, telle une idole ...

Si je ferme les yeux je trouve ma douleur,
Elle est chienne fidèle et désormais me hante,
Compagne d’infortune à la croisée du cœur
Et du corps éprouvé d’une calme tourmente.

Je n’étais qu’un élan, jadis, il m’en revient,
Je m’emportais souvent d’une sombre rancœur,
Empli de l’ire drue qu’un jeune ego contient,
Avide du grain mûr sous le pas du fouleur.

Voici que l’âge vient, dans sa livrée maussade,
Et le repli malade ou se livre, à chair nue,
Le désir ulcéré de la moindre passade.

Et, misérablement, je traîne ma parole
Et ma pauvre vertu vers la mort inconnue,
Impossible étendard dressé, telle une idole.

juillet 2015

Publié dans Fongus

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Avisferrum 04/01/2016 12:17

Joli poème, j'aime bien...

"Je n’étais qu’un élan, jadis, il m’en revient,
Je m’emportais souvent d’une sombre rancœur,
Empli de l’ire drue qu’un jeune ego contient"

me fait penser à un autre de tes poèmes :

http://www.lesvieilleslettres.com/2014/12/le-lien.html

"On eut dit un théâtre où vivre allait de soi
...
À jamais ce printemps, futile et débonnaire
Où les hommes semblaient appartenir au monde.
Qu’est ce qui a changé ? Est-ce le poids des ans
Ou bien est-ce le lien qui maillait les humains
Qui, désormais perdu, manque à nos cœurs meurtris ?"

De grands et beaux textes, tout ça...