Rempart du vide

Publié le par Lionel Droitecour

... Alors nous demeurons dans l’entre deux du monde ...

... Alors nous demeurons dans l’entre deux du monde ...

Dans l’humble citadelle où sont nos cœurs perclus,
Retranchés dans la vie sur notre vain rempart,
Nous tissons le linceul des prières avides
Telles vont, en buées, nos brumes sur la vitre.

Notre songe s’inscrit sur la page de titre,
Peuplée de l’agonie de nos regards livides,
Nos âmes qui s’effraient, percées de part en part,
Savent bien que la mort fait de nous des reclus.

Alors nous demeurons dans l’entre deux du monde ;
Inerte, veules, dans le confort du mensonge,
À nier ces prisons où, sans cesse, on mendie.

Et notre dérisoire, absurde comédie
Mène vers le tombeau son licol et sa longe,
Puis l’infini s’efface en l’ultime seconde.

août 2007

Publié dans La camarde

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