Tardieu

Publié le par Lionel Droitecour

Jean Tardieu, (1903-1995)

Jean Tardieu, (1903-1995)

J’ai été le contemporain de Jean Tardieu,
Pendant près de quarante ans
Et je n’en savais rien !

Pourquoi ne l’aies-je pas lu lorsque j’avais quinze ans,
Ou vingt, ou trente ?

J’aurais pu me précipiter vers lui,
Lui crier mon admiration, solliciter l’adoubement,
Le supplier d’aimer mes vers,
Me consumer sous son regard…

Mais, monsieur,

Les poètes sont des êtres solitaires,
Plus ils sont grands, plus ils sont seuls.

Le truchement des mots, c’est le miroir des impuissances.

On construit pieds à pieds
L’édifice d’ivoire où s’isolent nos jours ;

À mesure qu’il s’élève,
Que l’air des altitudes vient caresser nos tempes,
S’éloignent les silhouettes que peuplent nos discours.

Et de cette hauteur l’auteur reste perplexe…

Celui qui est en bas dans le quotidien
Hèle celui d’en haut, rare, dans l’atmosphère,
Qui contemple les pages,
Noircies.

Comme braises ?

Comme cendres ?

Monsieur, vous divaguez,
Dit monsieur, raisonnable.

Mais, monsieur,
Vous rêvez !
Lui répond Jean Tardieu.

novembre 2005

 

Publié dans Art poétique

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Avisferrum 18/01/2016 10:15

Le texte de Tardieu : je reconnais que c'est un peu trop "vertigineux" pour mon pauvre esprit embrumé... Je n'y comprends que couic !

pascal 15/01/2016 09:47

Bonjour, j'aime beaucoup ce que vous faite à très bientôt
Pascal
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