Chœur perdu

Publié le par Lionel Droitecour

... Il ne m’en reste plus qu’une tristesse grise, au jour décoloré dont je me sens floué ...

... Il ne m’en reste plus qu’une tristesse grise, au jour décoloré dont je me sens floué ...

L’expression familière et qui était la tienne,
Sur ton visage, là, intact en ma mémoire,
Mais désormais dissout, toi qui dors sous la terre
Au sourire d’un autre, hier, l’ai retrouvée.

Etrangement troublée, mon âme soulevée,
Un instant s’est émue de ce tendre mystère,
J’ai cru raccommoder le fil de mon histoire,
À ma lèvre, soudain, une musique ancienne.

Hélas, ce n’était rien qu’un visage inconnu,
Un reflet dans la foule, éclat vite dilué,
Comme au matin l’orée brièvement nous grise.

Il ne m’en reste plus qu’une tristesse grise,
Au jour décoloré dont je me sens floué,
À chercher vainement, en moi, un chœur perdu.

juillet 2012

Publié dans Nostalgie

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Avisferrum 20/02/2016 10:18

Joli poème et aussi jolie ressemblance avec un visage qui m'est désormais familier !

Au-delà de l'apparence physique, volatile et instable, reste le souvenir et l'empreinte qu'ont laissé en nous les êtres qui nous furent chers, c'est finalement ce qui compte.

Cela pose aussi une question qui au premier abord peut paraître totalement saugrenue : ces êtres chers, tels que nous les avons connus, ont-ils jamais existés autrement que dans notre conscience ?

A chacun de trouver la réponse ! :-)