Creux rituels

Publié le par Lionel Droitecour

... Mes contes ne sont que d’octets ... nuls tomes ou poudreux grimoires ...

... Mes contes ne sont que d’octets ... nuls tomes ou poudreux grimoires ...

Ce soir, un peu découragé,
J’hésite au seuil des mots dormant,
La page frémit sous mes doigts,
Le verbe à ma lèvre fredonne.

Allons, c’est bon, je m’abandonne,
Aparté, encore une fois,
J’ouvre ma giberne un moment,
En elle j’ai tant fourragé.

C’est une boite de Pandore,
Elle fuit sitôt entrouverte,
Rythmes, signes et mélodies
Y sont d’innombrables battues.

Voici mes sentes rebattues
Et mes vieilles palinodies,
Concerts où je me déconcerte,
Silences où ma voix pérore.

Griffonnés cent fois mes griffons,
Calligraphiés mes mille graphes,
À la va vite psalmodiés,
Sur du papier recopiés.

Ce sont mes pauvres estropiés
En ma sébile en vain mendiés,
C’est trop de pieds en cénotaphes,
Sans vie sont mes pâles greffons.

Où vont ces songes virtuels,
Ces rêveries carabinées ?
Mes contes ne sont que d’octets,
Des moires mortes mes mémoires.

Nuls tomes ou poudreux grimoires
Doctement conçus, concoctés,
Mes rimes ainsi combinées
Songes absurdes sont rituels.

août 2015

Publié dans Art poétique

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