Deuils impossibles

Publié le par Lionel Droitecour

... Et l’enchevêtrement de nos peines passées... crisse comme les pages en l’album suranné ...

... Et l’enchevêtrement de nos peines passées... crisse comme les pages en l’album suranné ...

Survivre à qui l’on aime est la grande souffrance
Et rien n’abrège en nous la douloureuse errance
Où divaguent nos cœurs, en l’impossible deuil
Où meurt l’enfance émue, face au bois du cercueil.

Et l’enchevêtrement de nos peines passées,
Comme jonchées d’automne où nos voix compassées
Vont se perdre souvent, crisse comme les pages
En l’album suranné où sourient nos images.

L’absence fore en nous ce puits que rien ne comble
Et construit ce dédale où gisent, à leur comble,
Toutes ces agonies accumulées en nous.

Cimetière de l’âme je cultive en vous,
Le chagrin qui me tient et geint dans le silence
Au souffle aigu du vent qui emporte ma stance.

septembre 2008

Publié dans La camarde

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Avisferrum 16/02/2016 10:57

Très beau poème !

"Survivre à qui l’on aime est la grande souffrance
Et rien n’abrège en nous la douloureuse errance"

C'est vrai, sauf si nous arrivons à accepter le monde tel qu'il est et non plus vivre dans notre monde intérieur où les absents continuent à exister et nous hanter.

Peu y arrivent, je ne fais pas (encore) partie des rares élus, même si j'y travaille...

C'est pourquoi mon épouse et moi trouvons si enviable le destin de Philémon et Baucis, magnifique poème que tu nous a fait découvrir en ces pages, et espérons qu'un Dieu compatissant nous accordera le même privilège de pouvoir quitter ce monde réunis...

http://www.lesvieilleslettres.com/2014/03/philemon-et-baucis.html