Havre

Publié le par Lionel Droitecour

Vincent van Gogh, (1853-1890) main avec une tasse, esquisse

Vincent van Gogh, (1853-1890) main avec une tasse, esquisse

L’enfant rouge et blessé, alangui de sa peine,
Qui jette sur les murs et sur les portes closes
Son âme sans étai, qui cherche à tout saisir,
Et ne sent que néant sur ses lèvres avides ;

Qui sait, dans la clarté, tant de songes livides,
Et dans le mouvement, même, semble gésir,
Qui a déjà compris la dureté des choses
Et sans cesse s’y heurte, et sans cesse s’y mène ;

Et qui, le cœur perdu, dans l’attente se navre,
Sachant que ce qui vient jamais ne le console,
Essayant d’exister dans la lutte, pourtant,

Celui-là sait le prix de la main qui se tend,
Il a dans le gros temps l’espérance du môle,
En son cœur la douceur où se pense le havre.

mai 2012

Publié dans Résilience

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