L’hédoniste

Publié le par Lionel Droitecour

Épicure, en grec Ἐπίκουρος / Epicouros, (vers 342 av. JC-270 av. JC)

Épicure, en grec Ἐπίκουρος / Epicouros, (vers 342 av. JC-270 av. JC)

Plutôt que d’en jouer, il faut serrer les coudes,
L’individu se meurt en la foule anonyme
Et le néant s’invite aux gestes que nous sommes.

Et c’est une béance, au vide de nos mains,
Tous ces instants en vain parcourus sans projet,
Comme l’onde aux marées qui essorent les digues.

On produit à grand frais sa propre déchéance
Dans le désir ardent qui moleste la chair,
Et comme on fait son lit, on couche sa misère.

Mais le bonheur jamais n’irrigue nos contrées,
Ou bien si peu, parfois, le temps d’un battement ;
On vit par habitude, assez content de soi.

Mais la désillusion creuse en nous son fossé,
Séparé, dans l’écart, on croit tenir ses bords,
Mais la fissure croît, et l’écartèlement.

Plus rien alors, tantôt, qui retarde la chute,
Et voici, ici bas enfin ce que nous sommes :
Une masse qui tombe en croyant de voler.

Pauvre fou, ton issue n’est qu’en l’effarement,
Quand du sol qui s’élève, inéluctablement,
Monte ta fin prochaine en cet écrasement.

Il n’est en nous de vrai, enfin, que le silence,
Et l’attente, et le doute, et la joie de l’instant,
Le foyer d’amitié dans le feu du partage.

Il ne faut prendre mais se réjouir de donner,
Offrir ce que l’on peut, de soi, au genre humain,
Solidaire, chercher écho en chaque main.

Et, sans même construire, alors, trouver sa rime
Dans le simple débord de l’onde maritime,
Ouvert, serein, joyeux, espiègle et magnanime.

février 2013

Publié dans Citoyen

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