La Parque

Publié le par Lionel Droitecour

Alfred Agache (1843-1915) Les Parques, détail

Alfred Agache (1843-1915) Les Parques, détail

Ton pauvre corps rompu est couché dans la tombe.
Tu ne reviendras plus t’asseoir auprès de moi,
Nous ne partagerons plus le vin de ta vigne,
Tes jours sont achevés : je n’ai plus que ton nom.

Hier encore tu vînt nous chanter ta chanson,
Si j’avais pu connaître à quel sceau, à quel signe
La mort t’avait marqué qui cheminait vers toi,
T’aurais-je pu sauver avant que la nuit tombe?

Il eut suffit d’un mot, d’un instant incertain
Et la Parque, distraite, eu coupé d’autres liens :
Ce soir tu serais là, joyeux parmi les tiens.

Hélas, l’homme est aveugle aux avis du destin,
Il se lève, il espère aux lueurs du matin.
C’était ton crépuscule et tu n’en savais rien.

décembre 1993

Publié dans La camarde

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Avisferrum 11/02/2016 22:17

Magnifique poème, j'aime beaucoup !

"Hélas, l’homme est aveugle aux avis du destin,
Il se lève, il espère aux lueurs du matin.
C’était ton crépuscule et tu n’en savais rien."

Tout est dit... avec force et élégance !