Monnaie de contrebande

Publié le par Lionel Droitecour

... J’ai fixé sur ma vie un malheur imprécis, en mon verbe esquissé, en mon âme reclus ...

... J’ai fixé sur ma vie un malheur imprécis, en mon verbe esquissé, en mon âme reclus ...

Une ombre en moi toujours appesantit sa nuit,
Comme, du corvidé, le cri mélancolique
Aux landes désolées d’où sa noirceur s’enfuit,
Vers le firmament doux d’un rêve nostalgique.

Epuisé d’un chagrin qui ne m’appartient plus,
J’ai fixé sur ma vie un malheur imprécis,
En mon verbe esquissé, en mon âme reclus,
Qui me laisse en la presse amer et indécis.

Je sais parer mon cœur d’oripeaux de la joie,
Je sais rire et gloser devant la solitude,
Mais cette sœur première est écho dans ma voix.

Ainsi d’altérité j’ai construit ma cellule,
En la prison de mots que ma parole élude,
Monnaie de contrebande et modeste pécule.

mai 2012

Publié dans Autobiographie

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