Paysages du dire

Publié le par Lionel Droitecour

... Et nos conversations semblent un cimetière ...

... Et nos conversations semblent un cimetière ...

Elle parle, elle glose et jamais devant elle,
Non, ne regarde. Fuient ses yeux toujours mobiles
Et puis à la fenêtre enfin se perdent, loin,
Vagues comme une mer éloignée de ses rives.

Car nos âmes ainsi assemblent leurs dérives,
Le dialogue en ce vide enfonce comme un coin,
Pour fendre solitude nous tentons, fragiles,
Le verbe, la parole, essence spirituelle.

Mais le silence vient toujours en cette lice,
Dans l’au-delà du mot, loin de la connivence,
Il ne nous reste plus, désormais, qu’à nous taire.

Et nos conversations semblent un cimetière,
Tombes abandonnées à jamais en carence,
Paysages du dire, ébauchés dans l’esquisse.

avril 2015

Publié dans Portrait

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Avisferrum 02/02/2016 12:22

Beau poème sur la difficulté de communiquer et le silence qui s'installe peu à peu...
Très belle illustration, aussi, avec ce cimetière de voitures, au départ certainement triste et sinistre, mais qui avec le temps et l'aide active des forces de la nature a finalement trouvé une voie vers la beauté et une forme de romantisme bucolique... comme quoi rien n'est jamais perdu ! :-)