Au fugace de l’heure

Publié le par Lionel Droitecour

À mes enfants, Raphaël, Léa et Clément, ici saisis en 1989

À mes enfants, Raphaël, Léa et Clément, ici saisis en 1989

Je vous disais fripouilles,
Vilains, bandits, canailles,
Puis c’était les chatouilles,
Les ris et les chamailles.

Certes vous n’étiez sages,
J’étais, parmi vos jeux
Et puérils bavardages,
L’enfant le plus heureux.

Mais comme j’étais père
Il me fallait régner,
Etre au moins ce repère,
Instruire et enseigner.

Alors à contre cœur
Je faisais les gros yeux,
Vous grondant, mais rieur,
Ne gardais mon sérieux.

Et trompant ma colère,
Plaintifs et facétieux,
D’une feinte prière
Vous m’invoquiez, radieux.

Ainsi passa l’enfance
Au fugace de l’heure,
En mon âme en souffrance
La nostalgie demeure.

1er mars 2015

Publié dans Souvenirs

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Avisferrum 02/03/2016 11:27

Très joli, ce poème, hommage nostalgique à l'enfance disparue comme tu sais si bien nous les faire partager !

Au fil de notre existence nous avons perdu progressivement l'innocence et la candeur de l'enfance et sommes toujours émus lorsque nous la retrouvons chez un enfant qui la possède encore (ce qui n'est pas toujours le cas)

Je reste persuadé que nous pouvons retrouver ces qualités, en mieux car elles seront bonifiées par la sagesse de l'expérience. Les clés de ce retour à l'innocence sont le détachement des choses de ce monde et la vie dans l'instant présent.

"Lorsque vous savez qui vous êtes vraiment, un sentiment de paix durable et vivant s’installe.
On pourrait l’appeler la joie car c’est bien de la nature de celle-ci : une paix vivante et brillante.
C’est la joie de reconnaître en soi l’essence de la vie, celle qui précède la forme. C’est la joie d’Être – d’être qui on est vraiment."
Eckhart Tolle L'Art Du Calme Intérieur