Peines effeuillées

Publié le par Lionel Droitecour

À la croisée des chemins, détail, aquarelle d'Albert Hartweg

À la croisée des chemins, détail, aquarelle d'Albert Hartweg

Dans la maison heureuse où le deuil est passé
Errent, les yeux rougis, que les pleurs ont brûlés,
Les femmes en prière et les hommes, gênés.
On cherche en vain des mots pour combler le silence

Mais l’on ne trouve en soi que des banalités
Et le cœur se morfond en la tristesse nue.
Ce qui fut l’être cher hier à notre table,
Déserté par la vie, n’est plus, comme un chiffon,

Qu’un corps inerte et froid tassé dans une boite.
On se leurre à penser qu’on n’oubliera jamais
Orphelins, désormais, fracassés et meurtris.

Mais la vie nous reprend où vont, par le courant,
Chagrins, larmes, rumeurs égouttés dans le vent,
Aux peines effeuillées, jonchées du firmament.

novembre 2006

Publié dans La camarde

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Avisferrum 15/03/2016 15:51

Magnifique poème sur le thème... impérissable de la Camarde !

Un grand plaisir également de retrouver une des belles aquarelles de l'ami Albert, toujours beaucoup de talent et de sensibilité,lui aussi...