À l’ancre des cancres

Publié le par Lionel Droitecour

C’est pas pour sardines, sire, qu’on se radine ici, mais pour les céréales, à deux c’est un régal !

C’est pas pour sardines, sire, qu’on se radine ici, mais pour les céréales, à deux c’est un régal !

Mate, hein, de bon matin,
Même s’il fait mauvais,
Dit le poltron, miné,

On se lève, sans trêve,
Après un dernier rêve.

Et, de son bon pied droit,
( Car du gauche c’est moche )

On fait bien attention,
À l’estomac qu’on a,
Dit-on, dans l’étalon.

Et puis on file, indienne
Cousine en la cuisine.

C’est pas pour des radis,
Ni des sardines, sire
Qu’on se radine ici.

Mais pour les céréales,
À deux c’est un régal !
Et, lestes ma Céleste,

On verse dans son bol,
On en raffole, obole,
Or, en nos cornes flasques,
Du lait de vaches molles.

Puis dans la sale de vingt
Maintes fois de ses mains
L’on savonne sa pomme.

Propre comme un sou neuf
Et sur son trente et un
On brosse, du dedans,
Presque trente deux dents.

À table les cartables !
En multiplication
Les cars, stables, attendent
Offrandes, nos frimousses.

Alors on caracole
En relevant son col
Elèves, pour l’école,
Et parfois pour ses colles.

Un maître, une maîtresse
Pour mettre sous ses tresses,
Sous ses mèches, revêches,
Le son de ses leçons.

À l’ancre de leurs tâches
Les cancres font des taches ;
À l’encre, des moustaches
Aux bonshommes qu’ils tracent.

Leur esprit s’est épris,
Loin des choses qu’on dit
D’une mélancolie.

S’y mêle l’an qu’on lit
Sur le calendrier
Où seules les vacances,
Chance, dans leur latence,

Loin des circonférences,
De pi, des conférences,
Dessinent sur leur âme
L’espoir de ce sésame.

mai 2011

Publié dans Enfance

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