Demeure de la nuit

Publié le par Lionel Droitecour

Hydrie attique à figure rouge, environ 510 avant J-C, détail

Hydrie attique à figure rouge, environ 510 avant J-C, détail

Je me sens nauséeux et j’ai la tête lourde,
Est-ce le mal ou bien n’est-ce que le remède ?
Le cancer est tapi en ma chair malmenée,
Je souffre lentement, sans bruit, sans bris, sans heurt.

Puisqu’au bout du chemin il paraît que l’on meurt
Suis-je déjà rendu au bout de ma fournée ;
Te faudra-t-il bientôt te taire, pauvre aède,
Toute musique morte à ton oreille sourde ?

Je ne crains ce dédit du corps, qui nous trahit,
L’espérance pour moi n’est qu’un dol sans objet,
La minute à venir suffit à mon projet.

En quelque solitude, où qu’on sorte de soi,
On demeure en la nuit, et l’étoile pâlit,
Là, dans l’ombre, oubliée, lueur qui nous déçoit.

novembre 2015

Publié dans Fongus

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Avisferrum 26/04/2016 10:12

Terrible épreuve que la souffrance physique, souvent obsédante au point d'en oublier tout le reste...

Elle nous ramène définitivement à notre pâle condition humaine, dans nos carcasses fragiles et dégénérées, son seul "avantage" si l'on peut dire est qu'elle nous aide à nous détacher de ce monde d'illusions... si on entend et comprend son message, ce qui est difficile car en souffrance notre perception est souvent altérée, notre seul désir est : que ça s'arrête !

Bon courage, cher ami, j'espère que tu vas bien et qu'on aura bientôt de tes nouvelles ici ou ailleurs...