Où sombre la pensée

Publié le par Lionel Droitecour

... Les sages sont des fous à se croire sereins ...

... Les sages sont des fous à se croire sereins ...

Qu’est l’étrange pulsion de profaner un corps
Qui gîte en soi, parfois, au seuil de l’épouvante ?
Et qu’est ce qui contient cette espèce mauvaise
En nous, moire croupie, aux relents de l’horreur ?

Paré d’humanité on songe à cette erreur :
L’homme n’est qu’un bestiau où l’âme est un malaise,
Battue, à notre tempe, un sang âcre tourmente
Cette conscience écrue qui hante nos remords.

Où se portent nos yeux dans l’onde policée,
Un sauvage murmure affleure sous nos reins,
L’ange n’est qu’un démon qui fait le raisonnable.

En duale nature est ce chœur détestable,
Les sages sont des fous à se croire sereins
Dans la tourbe grégaire où sombre la pensée.

mai 2014

Publié dans Névrose

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