Sans plus rêver

Publié le par Lionel Droitecour

... Puis j’ai repris ma gratte, et plaqué mi-sol-do  / Ma savate en cadence pour traquer le tempo ...

... Puis j’ai repris ma gratte, et plaqué mi-sol-do / Ma savate en cadence pour traquer le tempo ...

Le jour où j’aurai mieux fait de prendre une cuite,
Bizarrement vois-tu, je l’ai su tout de suite :
Sur le montant du lit en m’écrasant l’orteil
J’ai compris que Satan dormait dans ma bouteille.

Puis j’ai coupé ma tronche en me rasant de près
T’aurais cru voir Landru à l’œuvre en sa carrée ;
Du coup à reluquer ma caf’tière électrique
Je me suis dit pas touch’ ça d’vient machiavélique !

Puis j’ai repris ma gratte, et plaqué mi-sol-do
Ma savate en cadence pour traquer le tempo,
Un œil sur le banjo, l’autre sur le dobro,
Cherchant l’intro, l’impro qu’il faut, sans rien de trop.

Et là, dessous mes doigts, cette pute de muse
Mijaurée, gourgandine, infâme triple buse,
Celle qui me promène ou, mieux, me fait courir,
Qui me mène en bateau pour me laisser pourrir

Sur le quai déserté où toute épave geint ;
Eh, bien, tu le croirais ? Elle m’avait rejoint :
La musique, les mots, la rime et les refrains
J’avais plus qu’a noter, j’avais tout dans les mains !

Puis soudain, patatras, je me suis réveillé !
Adieu succès facile, public émerveillé,
Maussade
, j’ai refait ma bise à la bouteille,
Sans plus rêver, massant mon douloureux orteil…

mars 2016

Publié dans Musique

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