Et comme vont les caravelles

Publié le par Lionel Droitecour

F.E. Wright (1849-1891), Le bateaux de Colomb, la Nina, la Santa Maria et la Pinta

F.E. Wright (1849-1891), Le bateaux de Colomb, la Nina, la Santa Maria et la Pinta

Aux âmes damnées de la nuit,
Puanteurs, remugles, relents,
Ambre et cloaque du désir
Je confesse mon paradigme.

Oh, cette douloureuse énigme,
Vorace mue d’où vient gésir
L’avers de ces mornes élans
Où l’homme s’abîme et se nuit !

L’ego en nous comme un prurit
À la verve de matamore
Est un fruit blet, mol et pourrit.

Et comme vont les caravelles
Au néant que fleurit l’aurore,
Nos corps sombrent en nos venelles.

avril 2013

Publié dans Névrose

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Avisferrum 30/06/2016 21:55

"Et rougit Sigismond en ce monde où rugit, si, Raymond, qui s'émonde.
Et s'en fit une sonde : à force de gésir le gésier du geai n'est régit, donc, ne surgit en son gite, mon giton..."

Que dire... sinon m'incliner respectueusement devant un Maître du Verbe ! :-)

Avisferrum 23/06/2016 18:35

Après l'avoir vu pourtant à moult reprise en ces lieux initiatiques, je viens de m'apercevoir que "gésir" est l'infinitif de "gis" ou "gisait"... "Sissi dit : gis-je où Gigi gît ?"

Le grand Raymond aurait fait bien mieux, je le confesse... Ce qui n'enlève d'ailleurs rien à la véracité de ton poème sur le douloureux paradoxe de notre misérable condition humaine...

Lionel Droitecour 23/06/2016 18:56

Et rougit Sigismond en ce monde où rugit, si, Raymond, qui s'émonde.
Et s'en fit une sonde : à force de gésir le gésier du geai n'est régit, donc, ne surgit en son gite, mon giton...