Maigre vertu

Publié le par Lionel Droitecour

Vassili Grigorievitch Perov (1834-1882), Chasseurs au repos, détail

Vassili Grigorievitch Perov (1834-1882), Chasseurs au repos, détail

Il bavarde, bavasse, et discoure sur l’autre,
Celui-là qu’il connait,
ils se disent amis,
Et pourtant il balance, il dégoise, vomit :
De telles amitiés ressemblent à des plaies.

Je suis son commensal et partage ses maies,
Obligé. Dans l’instant le temps nous a commit ;
Je supporte ennuyé ce vulgaire tamis
Où il sasse son grain au verbe où il se vautre.

Il n’est pas de moment où il se sera tu,
Heureusement le but, en l’horloge, est prochain,
Une gare tantôt viendra m’en délivrer.

Ainsi nous supportons, en nos marges, l’ivraie
D’une société où l’on ronge son frein,
Agacé de sa presse et sa maigre vertu.

mars 2015

 

Publié dans Portrait

Commenter cet article

Avisferrum 30/06/2016 21:52

Finalement remercions cet homme : pour ce joli poème il t'a mis sur les bons rails ! :-)