Parachèvement de l’épure

Publié le par Lionel Droitecour

Maurits Cornelis Escher (1898-1972), Cavaliers

Maurits Cornelis Escher (1898-1972), Cavaliers

L’art de la fugue sur le clavier du vieux Bach
Est un chant de victoire illuminant la nuit ;
Le plus vaste jamais surgi d’un cœur humain,
Au-delà de la forme, ou la musique même.

Cette œuvre est citadelle à l’angoisse suprême.
Étrangement, ce chœur, interrompu soudain,
Au moment où le nom du maître passe et puis,
En nos linéaments, élève son rempart.

Car il ne s’agit pas ici d’une défaite
Et cette suspension devient une apogée,
Une invite rieuse au verbe en son acmé.

Loin de l’aride excès de la méditation
On y trouve tracé, dans la contemplation,
Un radieux augure où l’aube devient fête.

juin 2010

Trancrit pour le quatuor à corde, l'ultime contrepoint de l'Art de la fugue de Johann Sebatian Bach

Le musicologue nous apprend que l’ultime fugue, à trois sujets, de l’« Art de la fugue » de Johann Sebastian Bach, dans la mesure où elle aurait été achevée, eut constitué le chef d’œuvre absolu de son auteur. Hélas, cette pièce, interrompue peut être, par la mort, semble se détricoter soudain, pour faire place au silence, alors même que le thème musical construit sur les quatre lettres du nom de Bach, si bémol, la, do, si bécarre, vient de se faire entendre.

J’ai toujours eu le sentiment, davantage qu’un coup du sort, que cette intervention tragique du destin constitue plutôt une invite à rejoindre sans effroi, à notre tour « l’eau de là », comme disait Pierre Dac, dont nous saurons un jour si elle est préférable au vin d’ici…

 

Publié dans Musique

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Avisferrum 23/06/2016 18:12

"Ah, cher Avis, vos désirs sont des ordres, même si vos désordres sont des vices..."

... ou si parfois mes délires font désordre ! :-)

Avisferrum 18/06/2016 12:18

Même remarque que la dernière fois, cher ami (que veux-tu, à mon âge on commence à radoter) un petit lien vers une musique choisie par tes soins enrichirait incontestablement ce joli poème ! ;-)

Lionel Droitecour 18/06/2016 13:21

Ah, cher Avis, vos désirs sont des ordres, même si vos désordres sont des vices...