Farandoles

Publié le par Lionel Droitecour

... Se sentir à l’abri dans notre pied-à-terre / En niant ce relent, qui nous monte à la gorge ...

... Se sentir à l’abri dans notre pied-à-terre / En niant ce relent, qui nous monte à la gorge ...

Vaquer de-ci, de-là, en avide noceur
Et porter notre ennui à l’écran rallumé ;
Bâiller, en ce festin qui sans cesse dégorge,
Touriste en un pays crucifié de misère ;

Se sentir à l’abri dans notre pied-à-terre
En niant ce relent, qui nous monte à la gorge,
Des fétides instances du monde, enfumé
Empuantit, glaiseux à nous lever le cœur ;

À distance, blasé, derrière un mur de verre,
S’acharner à saisir, et, tel un demeuré
Ignorer que le temps nous tient en sa resserre ;

Fardé, paraître, gueux, pareil à nos idoles
De soi-même le dieu, pratiquant et curé
Sur l’autel falsifié que sont nos farandoles.

mai 2007

Publié dans Citoyen

Commenter cet article

Avisferrum 29/07/2016 08:41

Beaucoup de choses dans ce joli texte, la fascination de l'image qui finit par émousser nos sens et nos sentiments, la passivité grandissante de nos vies, le voile de l'illusion qui devient de plus en plus opaque... "L'autel falsifié de nos farandoles" !