Hurlent les loups

Publié le par Lionel Droitecour

Représentation de la « Bête du Gévaudan », gravure du XVIIIe siècle

Représentation de la « Bête du Gévaudan », gravure du XVIIIe siècle

De moi-même, le plus souvent,
Je suis le mortel ennemi,
Quand, vague sombre au mol ennui,
Ma voile s’enivre de vent.

Lorsqu’en l’esprit souffle un autant,
Chaude haleine d’un sirocco,
J’entends dès lors, étrange écho,
Brise et bourrasque tout autant.

L’Etrave, cabrée dans le port
Tente de briser son amarre,
Dans le cœur, un sourd tintamarre
Bat sa breloque au chant de mort.

Quoique l’on sache où est le gouffre
Un fol désir mène la danse
Un diable y sonne la cadence
Au feu jetant poignées de souffre.

Du viol, du meurtre, la violence,
Remous, jaillit en rut obscène,
Et sa rythmique nous assène
Aux tempes roulis qui nous lance.

L’ange et la bête en cet enclos,
Gladiateur luttant dans l’arène,
Se coltinent cette géhenne
Où corps et âmes sont forclos.

Ce que l’on nomme la conscience
Est chienne et nous mord le mollet,
La peur nous retient au collet,
La vertu n’est qu’une apparence.

Il suffit que hurlent les loups
Pour que l’horreur rompe sa digue,
L’homme de sa haine prodigue
Sauvage renait à tous coups.

juillet 2015

Publié dans Névrose

Commenter cet article

LADY MARIANNE 19/07/2016 14:55

j'espère que moral et santé sont au rendez-vous-
vu que vous rediffusez je ne sais pas-
bonne semaine- amitiés-