Métempsychose

Publié le par Lionel Droitecour

... Par contre le dindon,  / Non,  / Ni maître aliboron ...

... Par contre le dindon, / Non, / Ni maître aliboron ...

On raconte parfois qu’en l’âme d’un bestiau
On pourrait bien renaître un beau jour, illico.

Je veux bien tenter l’aventure,
Mais que choisir en cette épure ?

Lionceau pour un Lionel ?

À moins qu’ à tire d’aile
Imitant Baudelaire,
Beau, là-haut, dans les airs,
J’élise l’albatros
Là où le gouffre amer du poème me drosse.

Le bœuf et la grenouille aussi feraient l’affaire,
De même la cigale,
La fourmi sa rivale,
Ou la mouche du coche.

La guêpe je veux bien qui son dard nous décoche,
Bourdonnante commère ainsi qu’un Cupidon.

Par contre le dindon,
Non,
Ni maître aliboron.

Ah, que sais-je, un poisson ?
Poulpe, morue, hareng où le noble esturgeon ?
Au naturel un thon,
Ou, en miettes, dans l’huile ?
Sans conteste le choix paraît bien difficile…

Mauvaises langues vont, bien sûr, grincer des dents
Déjà je les entends,
Fielleuses, persiffleuse,
Viles lèvres moqueuses :

« Pourquoi pas la baleine ? Au moins un pachyderme
En raison du volume il faut un moyen terme ! »

Muse viens à mon aide
Écoute la supplique évadée de l’Aède,
Toi qui sans déroger me guide et me conseille !

Comment, qu’est-ce, un murmure en ta bouche vermeille ?

« Sévère, solitaire,
Hélas, poète, tu reviendras sur la terre,
Triste manieur de vers
Nu, comme un petit ver ! »

juin 2010

Publié dans Fable

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