Orphée aux abysses

Publié le par Lionel Droitecour

Le requin lutin (découvert en 1898) dans La fosse des Mariannes, -10 994 mètres

Le requin lutin (découvert en 1898) dans La fosse des Mariannes, -10 994 mètres

L’eau est un autre monde, elle n’est que surface,
On ne sait rien jamais des vastes profondeurs,
Abyssales noirceurs hantées d’un monstre affreux
Où l’humaine pensée récuse ces horreurs.

L’homme sur ce miroir n’est qu’un écho sonore,
Dérisoire, un moment que tourmentent ces affres ;
Une agonie de mots dont la source s’ignore
En l’inconscient bavard retroussant notre face.

Orphée victorieux tout se perdra bientôt :
De l’obscurité monte un appel impérieux
Qui courbe notre ego aux marches du silence.

Il est mort à jamais le temps de l’innocence,
Vainement nos élans s’élèvent vers les cieux,
Quand la tourbe nous tient dessous un noir linteau.

novembre 2011

Publié dans La camarde

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Avisferrum 22/07/2016 15:14

Belle description des mondes abyssaux et par extension des profondeurs obscures de l'inconscient humain...

Et si le monde dans lequel nous évoluons, vu par des entités plus lumineuses - ou de vibrations beaucoup plus élevées - ressemblait lui aussi à des abysses obscurs d'où nulle lumière ne s'échappe, habités par des créatures spectrales dont nous ferions partie ?

Très possible...