Sombre victoire

Publié le par Lionel Droitecour

... où se perdent nos moires ...

... où se perdent nos moires ...

La vague, incoercible, hante et couvre l’estran.
Allons ! Retire-toi loin de ces mortes eaux :
Il est tant de marées dont le cœur nous délivre
Et si peu de prisons éternellement closes.

J’ai cru vendre mon âme aux salins des névroses,
Je voulais, pauvre fou ! En composer un livre,
( On s’imagine, en vain, tant de graves ruisseaux )
Mais l’on ouvre jamais, qu’un vide pénétrant.

Et, sous la peau, progresse, aux fils de nos mémoires,
Ce mensonge absolu élevé à grand bruit
Et ce bonheur à naître entre nos bras ténus.

Hélas, nos lendemains demeurent inconnus
Et la sombre victoire du passé qui nous fuit
Prolonge le désastre où se perdent nos moires.

mars 2016

Publié dans Névrose

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