Oiseau mort

Publié le par Lionel Droitecour

Gisant d'Agnès Sorel (1422-1450)

Gisant d'Agnès Sorel (1422-1450)

Serais-je celui-là dont la fougue, lassée,
Au soir mélancolique disant : « c’est assez ! »
À la vague naissante, au point de non retour,
Se laissera glisser sans fugue ni détour ?

Pareil à ce gisant qu’importune la lune,
Faisant belle figure à mauvaise fortune,
Serais-je cet épitre adressé au néant,
Parole sans écho dans le vide béant ?

Et, vague maraudeur de l’immensité froide,
En la stance brisée de mon cœur nu et roide,
Seul en l’inachevé d’une tombe sénile,

Mendiant devant l’azur, sans âme ni sébile,
Serais-je ce silence encombré d’une rime,
Oiseau mort déprivé de la plus haute cime ?

 juillet 2012

Publié dans Spiritualité

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