Partage, oh, Phaéton

Publié le par Lionel Droitecour

... Demain n’épuise pas la volonté du jour ...

... Demain n’épuise pas la volonté du jour ...

Il est tellement de poésie dans le monde,
Si discrètement déployée, partout,
Comment se peut-il que la laideur l’emporte,
Du moins dans l’apparence ?

Creuse, creuse limier du réel
Il n’est point temps de geindre
Fourbit plutôt tes pinceaux
Tes couleurs, pastels et fusains.

Je sais, il est myriades d’alvéoles
En chacune d’elle l’aube d’un monde ;
En chacune d’elle un univers,
Tant de vastes paraboles.

Nous sommes déjà dans l’éternité
Ouverte devant-nous ;
Il n’est même plus besoin d’espérer,
L’onde est réalisée, elle attend nos traces.

Et puis l’enfance brune au corps ardent
Qui fait ses luttes de jouvence,
Ses cris comme le chant de mille étoiles,
Son infini songeur accaparé du temps.

Demain n’épuise pas la volonté du jour,
Il est une période en la mémoire telle,
Ouverte dans les cœurs et précédé du ciel :
L’infini peut bien tendre où nous menons nos pas.

Je me sens messager d’une possible épure,
D’un destin de réel dans l’ombre du langage
Le silence est le lieu de toutes les paroles,
Et chaque chose dite un signe intemporel.

Pourvu que l’on écoute, surtout que l’on se taise
Qu’on fasse le silence ainsi qu’une prière,
Un partage, oh, Phaéton qui mène la lumière
Au plus précis des cœurs, en l’âme vigilante.

mars 2016

Publié dans Art poétique

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