Wir ruffen zu dir

Publié le par Lionel Droitecour

... Pater noster et Requiem Ne sont pour moi : « Et libera ! » ...

... Pater noster et Requiem Ne sont pour moi : « Et libera ! » ...

Cela chantait à voix rugueuses
« Maria wir ruffen zu dir »
L’humble chapelle en résonnait,
Les vitraux, je crois bien, tremblaient…

Je ne sais quelles fois comblaient
Ces cœurs où ce vain chœur sonnait,
Mon âme semblait se raidir
Aux litanies, formules creuses.

Comment, en plein siècle vingtième
Se raccrocher à ces fadaises,
Obscurantisme ou tradition,
Antique antienne ou vieilles lunes ?

Pareilles à un lot de runes,
Sanscrit repris sans transcription,
Ces logorrhées prenaient leurs aises,
Ce jusqu’à l’antépénultième.

Moi-même, effaré en ces lieux,
Parmi les diseurs de latin,
Contempteurs traditionalistes,
D’une aube sans résurrection.

Ce fut là ma dernière onction
Foin de prêcheurs, évangélistes,
Libre penseur de bon matin
Je me ris des montreurs de dieux.

Si je respecte un cœur sincère,
− Après tout, si l’on veut y croire
Ou se bercer d’une illusion, −
Tartuffe, toujours à renaître

Me fait vomir. Je n’en suis reitre,
Sinon l’excommunication
Je ne prends rien en ce grimoire,
Nulle enchère et nulle chimère.

Je me proclame mécréant,
Athée jusqu’au bout de ma chaire,
Pater noster et Requiem
Ne sont pour moi : « Et libera ! »

Et ma mort sans remords sera,
« Benedictus illa diem »
Verbe de cuisine ma chère
Au néant qui fut me créant.

mai 2016

Publié dans Autobiographie

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Avisferrum 19/08/2016 15:20

A noter ce poème dit par l'auteur lui-même... à voix (pas si) rugueuse ! :-)
https://www.youtube.com/watch?v=ALFHsP7s7tw