Elucidé

Publié le par Lionel Droitecour

... Vieux maitre, grand cantor, ineffable présence, / Qui déverrouille en moi la porte du silence ...

... Vieux maitre, grand cantor, ineffable présence, / Qui déverrouille en moi la porte du silence ...

Après une écoute nocturne de l'Aria variée à la Manière Italiennne,
BWV 989 de Johann Sebastian Bach

Deux heures sont passées quand ma nuit blanche crève ;
Mes yeux clos ont touché la lisière d’un rêve
Par le hasard offert, ce BWV,
Fugue inconnue de Bach et qui m’a su trouver.

Un grand calme est entré au seuil de l’insomnie,
Une graine germée dans l’obscur, infinie,
Tel un espoir écru, une paix obstinée,
Sollicitude, enfin, à moi seul destinée.

Vieux maitre, grand cantor, ineffable présence,
Qui déverrouille en moi la porte du silence,
Pour irriguer, déchant, la fontaine d’oubli,
Certes, je te dois tant, loin de toute folie.

Là, dans le bord amer de mon incomplétude,
Tu viens jeter un pont au lieu de solitude,
Je rejoins par tes mains cette aube transcendée
Qui demain renaitra, nouvelle, élucidée.

13 mai 2016, 1h 38 du matin

Si vaste est la demeure de Johann Sebastian Bach, il me reste tant de pièces, de corridors, d'antichambres à découvrir... et jamais de déconvenue, jamais ce sentiment de l'œuvre mineure, du bavardage, de la perte de temps, de l'épuisement de la veine créatrice.

Toujours, au contraire, une ouverture, une plus large vision des perspectives ; porté par une interprétation nouvelle, où ancienne mais rencontrée au hasard, voici soudain que l'on s'approche, plus intimement encore, de l'incommensurable mystère de la création, timidement, presque par effraction.

Et sentir, chaleureusement, sur votre épaule,au delà de la métaphore, la main d'un maître généreux qui vous invite, souriant, au banquet des harmonies retrouvées...

 

Publié dans Musique

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