Florilège

Publié le par Lionel Droitecour

Edward Burne-Jones (1833-1898), Les hespérides, détail

Edward Burne-Jones (1833-1898), Les hespérides, détail

Dans le sillage de l’aurore
Où, parfois, j’ai laissé mes traces ;
Glissant vers la rive incertaine
Aux bords étranges et fugaces ;

Voici le lieu, vers les lumières
Qui resplendissent sur la plaine,
Layon secret, rumeurs légères
Où le poème existe encore.

J’ai rencontré sa pertinence,
Moi qui ne suis qu’un écuyer,
Touché par cette grâce insigne
Où j’ai voulu que vous soyez.

Oyez ma chanson sans musique !
Je sais que vous en êtes digne,
Passagère d’un vers oblique
Où je vous réserve une stance.

Là, de cette bribe loquace
En parcourant mes idéaux
Vous vous y ferez une place
Y tressant la gerbe futile.

En mon jardin, sous ces tonnelles
Où ma verve se veut fertile
Voyez comme mes fleurs sont belles,
Comme, aux arbres, mes fruits sont beaux !

Voués à l’or des Hespérides
En riant sous le ciel nouveau,
J’ai l’esprit et les poches vides,
Le cœur libre et l’âme en jachère.

Je vous en offre un florilège :
Goûtez de mon verbe, ma chère
Faites-vous en un sortilège
Pour en orner notre tombeau.

Lionel, 15 janvier 2007

Publié dans Art poétique

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