Obscurs décombres

Publié le par Lionel Droitecour

... Ainsi sommes parmi les ombres / Fugacement des seuils latents ...

... Ainsi sommes parmi les ombres / Fugacement des seuils latents ...

C'était acier de bonne trempe,
Une âme droite, au tranchant sûr,
Verbe sonore et, plus encor,
Le rire franc, comme de l'or.

Il aimait, au bruit des bouteilles,
En levant ses ancres vermeilles,
Mettre le cap vers un azur
Chamarré ainsi qu'une estampe.

Bonhomme, madré, malicieux,
Résonnait sa conversation,
Théâtre aux cent mille clartés,
Feux d'artifices d'apartés.

Silencieux, comme enseveli
En lui-même, il est avili,
Sans plus d'espoir de rémission,
Par un mal cruel, pernicieux.

Moi, je m'en viens à son chevet
Partager un peu de silence,
Remembrance des anciens jours,
Garance des vieilles amours.

Je ne sais s'il encore là,
S'il voyage en quelque au-delà,
Je veille auprès de son absence,
Cherchant ce qui est achevé.

Ainsi sommes parmi les ombres,
Fugacement des seuils latents,
Chaque seconde à l'émeri
Usant la corde de nos rêves.

Hélas, qui sait qu'elles sont brèves ?
Nulle retraite et nul abri
Contre le ravage du temps
Qui de nous fait obscurs décombres.

janvier 2016

Publié dans Le temps

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Avisferrum 15/09/2016 21:35

Magnifique poème, en effet, toujours cette humanité et cette conscience aiguë de l'impermanence des choses et des êtres qui caractérisent nombre de tes créations...
Je ne peux qu'adorer et admirer ton amitié sincère et pleine d'empathie.

alain l. 12/09/2016 08:45

Oh que ce poème et son illustrations sont beaux ... Je reposte Lionel ...

@t

alain