Tout chargé de sa chaine

Publié le par Lionel Droitecour

... Je me vois cheminant ainsi vers ma géhenne ...

... Je me vois cheminant ainsi vers ma géhenne ...

Un petit oiseau pâle est là, sur le trottoir,
Il trottine sans heurt, sans hâte et sans plaisir ;
Un gros sac sur le dos il s’en va vers l’école
Et tout son corps traduit la peine qu’il y trouve.

J’étais de cette sorte et mon regard le couve,
Ma mémoire à son front s’invite et caracole,
Sa silhouette, là, que mon œil vient saisir
Eveille un souvenir à mon cœur en sautoir.

Je me vois cheminant ainsi vers ma géhenne,
Vers cette cour emplie d’impossible tendresse,
Et l’incompréhensible dureté du monde.

Et quelque chose en moi se dilue et me sonde,
Echo encore intact d’une sourde tristesse,
Comme un morne marmot, tout chargé de sa chaine.

novembre 2012

Publié dans Souvenirs

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Avisferrum 13/09/2016 12:28

Joli poème, de circonstance en cette période de "rentrée" ...

Ah, la rentrée... que de souvenirs de ce cauchemar sans cesse renouvelé, que de larmes dans mes jeunes années ! Et pourtant j'étais un élève soit-disant "dans la norme"...

Encore aujourd'hui, en passant dans des rayons de "rentrée", j'éprouve parfois un sentiment de malaise, l'estomac qui se noue à la vue et à l'odeur de cet étalage de fournitures scolaires, où on devait acquérir le matériel qui allait servir à nous enseigner... allez, 25% de connaissances utiles et 75% de fadaises, ne soyons pas négatifs. Ce qu'est réellement la vie et la manière de la sublimer n'y était pas enseigné...

Le bétail doit être conditionné jeune pour qu'il soit "adaptable" à notre société malade et déliquescente.

alain l. 13/09/2016 09:25

Ah l'école !!! Et dire que j'y ai passé plus de 50 ans de ma vie ;-) ...

Je reposte Lionel

@t

alain