Comme l'on crie

Publié le par Lionel Droitecour

... À moi ! Comme l’on crie ... / ... Face au morne infini, dans la prison de l’âge ...

... À moi ! Comme l’on crie ... / ... Face au morne infini, dans la prison de l’âge ...

À moi le souvenir, à moi la gerbe ancienne,
À moi, ton bon sourire et cette main pensive
Dont tu couvrais ton front devant l’heure tardive,
Inquiète, sans raison, pour la maison paisible ;

À moi ces jours vécus, fêtes d’un cœur sensible,
Où la joie m’attendait en chaque lendemain,
Que je cueillais, en fleur, à portée de ma main,
Bouquet renouvelé, offrande quotidienne ;

À moi, dans le silence où ma mémoire geint,
Flamme incertaine, vaine à dissiper la nuit,
D’un poème bancal,
arraché à l’ennui...

À moi ! Comme l’on crie à la houle, au naufrage
Face au morne infini, dans la prison de l’âge,
Quand le souvenir meurt, qui ronge en nous son frein.

juin 2006

Publié dans Souvenirs

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