En ma trame ordinaire

Publié le par Lionel Droitecour

... Le guérir est un port au seuil de mes yeux clos ...

... Le guérir est un port au seuil de mes yeux clos ...

Comme une métaphore, en moi, la maladie
Ronge mon corps meurtri du feu de la douleur ;
Ce n’est plus l’âme seulement qui geint sa peine,
Et je grince des dents pour duper ma misère.

Le mal en moi s’arroge un droit, comme le lierre,
Idée fixe de chair qui bat en chaque veine ;
Il proscrit la pensée comme un morne fouleur
Piétinerait, rageur, un sol qui l’irradie.

Dans l’exténuation d’être cette échéance,
Je souffre, rencogné au redan du calvaire,
Pareil à ce damné qui aspire au repos.

Le guérir est un port au seuil de mes yeux clos,
J’attends ma délivrance en ma trame ordinaire,
Humant, en ces relents, ma proche déchéance.

décembre 2012

Publié dans Fongus

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Avisferrum 01/11/2016 14:14

"... En attendant, bien sûr, de hisser la voilure ..."

Hisser la voilure, lever l'ancre... s'il y a un passage obligé c'est bien celui-là !

Avisferrum 30/10/2016 20:35

Magnifique texte, cher ami, qui décrit si bien la souffrance qui ronge petit à petit...
On ne peut pas la ressentir si on ne la vit pas, mais tes mots soulèvent un coin du voile...

Lionel Droitecour 30/10/2016 21:53

... En attendant, bien sûr, de hisser la voilure ...