Halètement

Publié le par Lionel Droitecour

... Oh, langueur retrouvée des bourgades, naguère ! ...

... Oh, langueur retrouvée des bourgades, naguère ! ...

Un îlot de silence, intense en centre-ville…
Est-ce possible, enfin, que les moteurs soient tus ?
Au minéral reflux de l’asphalte servile
Une rumeur s'invente en nos cœurs impromptus.

Une portière claque, un pas s’en va, confiant :
Insouciance du vivre au môle et sur la rade…
Puis, dans l’air adouci, le rappel édifiant
De la tranquille enfance en sa libre parade.

Oh, langueur retrouvée des bourgades, naguère !
Mais un démarreur crache, incongru, son signal
Et la cité reprend, d'un coup, son cours vulgaire.

Adieu la belle incise ! Elle fuit par les rues,
Poursuivie d'une brute en son chagrin vénal,
Halètement d’un fol bouillonnant de ses crues.

juin 2006

 

Publié dans Sensation

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Avisferrum 14/10/2016 11:06

La beauté du calme et du silence... de plus en plus rares, comme tu le soulignes avec ce beau poème.