Ultime épitaphe

Publié le par Lionel Droitecour

Hugo Simberg (1873-1917) Le jardin de la mort, 1896

Hugo Simberg (1873-1917) Le jardin de la mort, 1896

1.
Je suis un peuple de hasards
Habité de mille rencontres,
En moi meurent tout ces regards
Au fil acéré de nos montres.

Voyez le chantre dérisoire,
Aède seul que nul n’entend,
Qui rassemble en vain sa mémoire
En misérable charlatan !

Ses mains tracent dans le grimoire
Un quotidien sans épopée
Sous les embruns que fait l’histoire.

Oyez sa rengaine sans nom
Au lacis d’une mélopée
Evaporée sous l’horizon !

2.
Il n’est de chœur en ma contrée
Il n’est d’espoir en mes chansons
Nulle âme n’y ai rencontrée
Qui partage mes unissons.

Grave, je grave à mon tombeau,
Sans amertume l’épitaphe
Y sied comme fleur au caveau,
La rime y sera mon paraphe.

Non je n’étais pas histrion,
Mon sein n’était qu’une complainte,
Murmure au chant d’une passion.

Si je suis mort à nuit venue
Après une dernière étreinte
C’est du remords de l’aube nue.

août 2011

Publié dans La camarde

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