Comptant mes pas

Publié le par Lionel Droitecour

... En l’éclat de votre sourire, / Parfois le temps semble aboli ...

... En l’éclat de votre sourire, / Parfois le temps semble aboli ...

1.
Quand je me penche, amèrement,
Sur les jours enfuis du passé,
Il m’est un lieu dont le moment
Reste un bonheur souvent sassé.

C’était le temps de votre enfance,
Mes gamins, mes trois marmousets
J’en garde en moi pleine jouvence,
Monnaie d’or en tous mes goussets.

Vos ris, vos cris et vos culbutes,
Comiques, tendres réparties,
Chamailleries et vaines luttes ;

Ces heures douces et joyeuses
Hélas désormais sont parties,
Où vont nos mémoires heureuses.

2.
Il m’en reste le souvenir,
Vos frimousses sur du papiers,
Parcelles pour vous retenir,
Rimes aussi en mes cahiers.

En l’éclat de votre sourire,
Parfois le temps semble aboli,
Nous nous retrouvons par le dire,
Mon verbe en cela je polis.

Et je m’en vais, comptant mes pas,
Vers le seuil où fuit toute vie,
Où périclite mon compas.

C’est ainsi que le sort nous mène,
Là où le néant nous convie
Le corps lassé et l’âme en peine.

novembre 2015

Publié dans Autobiographie

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Avisferrum 27/11/2016 16:48

Très beau poème sur les jours heureux !

Sont-ils partie du passé ? Oui et non, car ce dernier n'existe plus que dans nos esprits, c'est nous qui en faisons la trame et en définissons l'humeur, tout cela n'est possible que dans l'instant présent qui est tout ce qui existe réellement.
En d'autres termes lorsque nous revivons des moments heureux (ou non) de ce que nous nommons "le passé" c'est comme si nous les vivions vraiment dans l'instant, sur le plan subtil de la pensée, les émotions qui s'y rattachent devraient donc être les mêmes.
Seule l'activité de notre mental conditionné à la comparaison et la déformation de "ce qui est" fait que des moments de joie peuvent se transformer en tristesse ou amertume...