Dérisoire trophée

Publié le par Lionel Droitecour

... Viens t’en tenir ton rôle et n’y dépare pas, / Polichinelle inerte au bout de ta ficelle, ...

... Viens t’en tenir ton rôle et n’y dépare pas, / Polichinelle inerte au bout de ta ficelle, ...

« Salut, comment ça va ? Ça va, ça va, ça va… »
En la ronde du monde, aux secondes ténues
L’on se salue « salut ! », gente sans importance
Apparence, décor, futile conjoncture.

Grisaille dans un jour sans art et sans parure,
On danse, contre danse, usuelle convenance,
Au ballet vaniteux des poses convenues
Scènes du quotidien, trames et canevas.

Viens t’en tenir ton rôle et n’y dépare pas,
Polichinelle inerte au bout de ta ficelle,
Docile obéissant, morne, suivant la voie.

Lors en ce jeu de dupe où se perd notre joie
L’âme en vain se consume en chacune venelle
Dérisoire trophée, pour le prix un repas.

avril 2008

 

Publié dans Sensation

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