Hyménée

Publié le par Lionel Droitecour

Marc Chagall (1887-1985) | Hyménée, d'après Daphnis et Chloé, détail

Marc Chagall (1887-1985) | Hyménée, d'après Daphnis et Chloé, détail

Ah, dépasser, enfin, ce peu de glaise morte
Pour franchir le virtuel, comme s’ouvre une porte,
En ce limon fertile ou passe l’existence,
Au reflux du hasard trouver la connivence.

Aimer, dans le possible, une invisible fleur,
En trame sur nos jours, une vague lueur ;
Un espace latent où sera notre image,
Certitude affleurée en l’orbe d’un nuage.

Là, parmi les rumeurs, songent, évanescents,
Nos remords dans l’éther en volutes d’encens,
Implorant la matière avant de se dissoudre,
Tel l’éclair inconstant au pavois de la foudre.

Cet étrange univers est lieu pour notre rêve,
Qu’importe le dessin de nos pas sur la grève,
Puisque sommes marée, ultimes horizons
Départs inaboutis des nouvelles saisons !

L’effroi n’est que le chantre de la mort insane,
Demain s’éjouit déjà au seuil d’une membrane ;
Où la future étrave, sans fin ramenée,
Devant l’inconcevable espère un hyménée.

Car nous dépasserons cette forme en la glaise,
Cet antique pertuis où chante un vil malaise
Pour vibrer, comme corde, en l’infini bruissant,
Harmonie de musique au silence impuissant.

mars 2011

Publié dans Spiritualité

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Avisferrum 27/11/2016 16:32

Très joli, merci !