Improbable autel

Publié le par Lionel Droitecour

... La déchéance gagne, infecte, à s’élargir, / Remugle qui s’envase où le courant l’exhorte ...

... La déchéance gagne, infecte, à s’élargir, / Remugle qui s’envase où le courant l’exhorte ...

Hors du temps et des lieux va la mémoire morte,
Fleuve en nous qui s'enfuit pour ne point ressurgir,
Lugubre, accaparé du visage des morts,
Remous à ressasser, sans fin, sous le versoir.

Mais dans le soir venu nul ne saurait sursoir,
Sous l‘oripeau sanglant, informe, du remords
La déchéance gagne, infecte, à s’élargir,
Remugle qui s’envase où le courant l’exhorte.

Ainsi nous savons tous que la route s’achève,
Ainsi l’ego sonore et gris du glas mortel,
Et sous le masque, ainsi, se révèle un ossuaire.

L’avenir en nos mains se love dans un suaire
Baroque, l’illusion est l’improbable autel
Où l’offrande de vie s’immole et le jour crève.

avril 2016

 

 

Publié dans Le temps

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