Salade du pendu

Publié le par Lionel Droitecour

« Vois-tu bourreau, je me repens, / Dit le pendu, / Est-ce défendu ? »

« Vois-tu bourreau, je me repens, / Dit le pendu, / Est-ce défendu ? »

Un pendu au gibet
S’exhibait en gibus
Et faisait le gugusse.

Au bureau du bourreau
Plaintes et quolibets

S’empilaient.
Au barreau, au parquet
,

Dans la magistrature
Chacun se défilait.

« Bourreau c’est un injure
Nous sommes offusqués ! »

« Mon fils, fait ton office ! », ajouta le curé,
« Vraiment, vraiment tout cela n’a que trop duré ! »

Voici, voici que malgré lui
L’exécuteur a dû s’exécuter.

On l’entend maugréer :
« Pendu, pendu cela suffit,
Pourquoi t’agites-tu ainsi ? »

« Vois-tu bourreau, je me repens,
Dit le pendu,
Est-ce défendu ? »

« T’aurais dû y penser avant
Du temps,
Du temps qu’t’était vivant ! »

« Bourreau bourru cela dépend
Des pans, des paons,
Je l’ai appris à mes dépends ;

Ce n’est pas en me suspendant
Que vous me fîtes repentant ;

Pas plus, mon cul, qu’l’absolution
Ne me semble une solution…

On sait depuis François Villon
Qu’en fit jadis un testament

Qu’y faut profiter du moment
Qui n’est jamais, jamais bien long ! »

Ainsi parlait, philosophant,
Au bout d’sa corde en pendulant

Du pendu lent à son bourreau
Sophismes allant au fil de l’eau.

Lionel, 23 juin 2007

Publié dans Calembours

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