En l’estran de ma peur

Publié le par Lionel Droitecour

... Lorsque le soir descend, où renaît mon angoisse ...

... Lorsque le soir descend, où renaît mon angoisse ...

Je voudrais seulement qu’il n’y ait plus la nuit,
Ses abjectes terreurs et ces mains qui me touchent,
Mon pauvre cœur meurtri là où nos corps se couchent,
Quand cette honte, en moi, me fouille et me détruit.

Je suis comme une proie où sa bouche me mange,
Je voudrai me défendre et je ne le puis pas,
Mon atroce blessure est son obscur repas :
Le jour viendras tantôt pour me donner le change.

Las, je n’ai plus de mots pour expirer ma plainte,
Le dire c’est déjà penser à cette horreur,
Et je ne veux que fuir pour oublier ma crainte.

Lorsque le soir descend, où renaît mon angoisse,
C’est comme une marée, en l’estran de ma peur,
Submergée d’un courant dont la rumeur m’empoisse.

mars 2013

Publié dans Résilience

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