Extrémités du vide

Publié le par Lionel Droitecour

... Quand l’infinie distance où s’effrayent nos cimes...

... Quand l’infinie distance où s’effrayent nos cimes...

Un mot d’adieu, peut-être, encor, sur nos perrons
Qui sait en quel séjour, va, nous nous reverrons ?
L’âge prend ma vigueur et engourdi mes reins
Quand la souple jeunesse, en attisant les tiens,

Te parle d’un envol si je songe au couchant.
La béance du temps en nous fait contre chant,
Ma page cherche un point, la tienne veut s’écrire ;
La grammaire des corps, que l’âme veut proscrire,

En nous, creuse syntaxe ajourée d’une ride,
Trace un sillon amer comme l’éphéméride.
C’est encore matin mais déjà le départ,

Gênés, nous recherchons de l’autre le regard
Quand l’infinie distance où s’effrayent nos cimes
Nous rend comme étrangers, absents, mais magnanimes.

juin 2009

Publié dans Le temps

Commenter cet article