Vaines palinodies

Publié le par Lionel Droitecour

Marcel Carné (1906-1996), Une scène des " Enfants du Paradis ",1945

Marcel Carné (1906-1996), Une scène des " Enfants du Paradis ",1945

Au sommet du silence il est un aparté,
Un discours inventé aux marges de l’absence,
À peine plus qu’une ombre, indistincte clarté,
Une sente tracée aux berges d’espérance.

Oh certes, l’illusion, sans doute, en sait la trame
Et je me berce encor de ce rêve niais :
L’angoisse, en ce pavois que mon doute proclame,
Connaît l’issue concrète et pourtant déniée.

J’ai chanté dans la brise et sans craindre l’hiver,
Jadis, en ces frimas qui passaient comme un jeu,
Mais la bise venue j’en mesure l’enjeu.

Pareil à un damné je fais ma prosodie,
Et je livre au néant le déchant de mes vers,
Sur le firmament nu de mes palinodies.

janvier 2012

Publié dans Sensation

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