Hâbleur solaire

Publié le par Lionel Droitecour

... Ce qu’il fut ce menteur déjoué par l’automne / Qui, d’un voile de brume, habille sa clarté ...

... Ce qu’il fut ce menteur déjoué par l’automne / Qui, d’un voile de brume, habille sa clarté ...

Ce que fut le soleil, aux niches de l’été,
Quand sa fureur blondit aux champs des canicules,
Où sa splendeur culmine et fulmine en langueurs
Aux perles de sueurs où midi s’évapore ;

Ce qu’il fut, ce hâbleur, qu’un désir élabore
Sur le seuil de nos reins, excités des rigueurs
Qu’un fantasme dénoue en de longs crépuscules
Lorsque, tiède, la nuit, offre l’impunité ;

Ce qu’il fut ce menteur déjoué par l’automne
Qui, d’un voile de brume, habille sa clarté
Pour en faire un linceul sur la terre embaumée ;

Bientôt ne sera plus qu’un écho, aparté
Devant l’hiver perclus dont la barbe frissonne
Où sonnera l’exil de l’âme, en vain sommée.

octobre 2010

Publié dans Le temps

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