S’il n’est rien qui demeure

Publié le par Lionel Droitecour

Ivan Shishkin,(1832-1898), Vieux arbres tombés, détail

Ivan Shishkin,(1832-1898), Vieux arbres tombés, détail

Me quitteras-tu donc, canaille qui me tue,
Ne me laisseras-tu pas le moindre répit,
Fouaillant ma chair grenue au repli de l'organe,
Pour laisser, dévastée, l'intranquille espérance ?

Je traîne mon chablis de portique en errance,
Agonie d’un printemps qui meurt, ombre diaphane,
Lent déracinement sombre au cœur décrépit
D’un cadavre blessé dans l’aube sans vertu.

En l’ardente vigie que l’âme, enfin, décille
Il est une heure, au moins, prolongeant nos accords,
Nocturne liseré, mauve endormissement.

S’il n’est rien qui demeure, en ce linéament,
Que la mort vienne, alors, en l’oubli de nos corps
Dans le silence amer où la nuit s’éparpille

juin 2016

Publié dans Fongus

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