Absence intérieure

Publié le par Lionel Droitecour

… Les cimetières sont de vastes républiques / D’ossements vert de gris, moisis et pourrissant…

… Les cimetières sont de vastes républiques / D’ossements vert de gris, moisis et pourrissant…

Il n’y est plus de classe ni de privilège
En la fraternité de nos restes mortels ;
La grande niveleuse apporte cette obole
Où nous ne serons plus qu’un tas de même sorte.

Adieu, sitôt cané, le titre de noblesse,
Et l’échine ployée devant l’ordre qui passe ;
Ils sont à ta portée les charges, les offices,
Champs clos des ambitions qui ne signifient rien.

Les cimetières sont de vastes républiques
Où le caveau pompeux cache même fatras
D’ossements vert de gris, moisis et pourrissant,
Et la tombe anonyme effacée par le temps.

Certes, ni dieu ni maître en l’absurde contrée,
Tu y demeureras en roi des imbéciles
Si tant est qu’on demeure dans l’immatériel,
À jamais dévêtu de personnalité.

Pareille à la question qui n’a point réponse
Est-il un au-delà visité de néant,
Vasque d’un infini sans forme ni partage,
Songe où l’être, peut-être, un instant s’élabore ?

Je ne veux rien rêver d’un possible avatar,
Je préfère me fondre où mon image meurt,
Le vide me convient en l’absence intérieure
Rive dont le bord ment sous l’infini trompeur.

mars 2016

 

Publié dans Citoyen

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alain l. 01/03/2017 08:07

"Je ne veux rien rêver d’un possible avatar,
Je préfère me fondre où mon image meurt,
Le vide me convient en l’absence intérieure
Rive dont le bord ment sous l’infini trompeur. "

Encore une fois , Lionel un poème qui me bouleverse ... Je reposte ...

@micalement

alain